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Voyage au cœur de la digestion Tome 2 : l'estomac

Au cours de la digestion, l'estomac « brasse " mécaniquement et mélange les aliments au suc gastrique.

24/9/22
Voyage au cœur de la digestion Tome 2 : l'estomac

Après avoir été mastiqué dans la bouche (www.taranature.fr/blog/voyage-au-coeur-de-la-digestion-episode-1-la-bouche)

Les aliments arrivent dans l’estomac via l’œsophage (grâce à la déglutition). 

Une fois parvenu dans cette poche gastrique, le bol alimentaire est censé y demeurer par l’action d’un anti-reflux naturel : le SIO ou sphincter inférieur œsophagien qui se contracte. Cependant il arrive parfois que des remontées acides parviennent à passer à travers cette fermeture physiologique, ce phénomène étant le plus souvent, la conséquence d’un dysfonctionnement du SIO, provoquant les fameux RGO (reflux gastro-œsophagiens), qui s’ils se reproduisent trop souvent peuvent conduire à une pathologie qu’il ne faudra surtout pas négliger : l’œsophagite

Car rappelons qu’à l’inverse de l’estomac dont la paroi est recouverte d’un mucus le protégeant de l’attaque de l’acide chlorhydrique, l’œsophage ne bénéficie pas de cette protection, il va donc subir de plein fouet le brûlant du suc gastrique. 

Certains facteurs favorisent l’atonie du SIO :

  • Une déficience du pneumogastrique (le nerf vague) qui commande le SIO
  • Une consommation régulière de certaines substances qui réduisent sa tonicité : l’alcool, la caféine, le thé (théophylline), la nicotine, les aliments cuits au micro-onde, le chocolat ou encore la menthe
  • la prise de médicaments comme la cortisone

D’un point de vue anatomique, l’estomac est composé de plusieurs muscles entrelacés qui au cours de la digestion gastrique vont « brasser » mécaniquement et mélanger les aliments au suc gastrique (sécrété par des cellules spécifiques). Une fois cette « seconde mastication » achevée, le bol alimentaire se transforme en une bouillie semi-liquide que l’on nomme le Chyme.

De quoi est constitué ce tant redouté suc gastrique ?

Majoritairement d’acide chlorhydrique (HCL) dont l’un des rôles principaux est d’abaisser le pH gastrique (vers 2 en période de digestion). Cette très forte acidité est importante car elle joue, d’une part, un rôle antibactérien : elle aseptise le bol alimentaire, empêchant les bactéries pathogènes de rejoindre la lumière intestinale ; D’autre part elle permet l’activation d’une multitudes d’actions physiologiques indispensables à la digestion. 

Dont :

  • La libération de la pepsine (issue du pepsinogène) par les cellules pariétales, en charge du fractionnement des protéines ingérées. 
  • La sécrétion du facteur intrinsèque (ou facteur de Castle) indispensable au transport puis à l’assimilation de la vitamine B12 au niveau de l’intestin (Iléon)
  • La production d’une hormone, la gastrine qui est synthétisée par les cellules G de la muqueuse du pylore (partie terminale de l’estomac) et contrôle la sécrétion de l’HCL
  • Facilite l’absorption intestinale des micronutriments (vitamine C, B9, fer, zinc, calcium, magnésium, bêta-carotène).

Précisons que plus nous en avançons en âge et moins nous produisons d’acide chlorhydrique. De même, l’utilisation de médicaments tels que les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), une infection à Helicobacter pylori, un stress chronique…réduisent la production d’HCL, ce qui aura pour conséquence d’altérer le processus de digestion et l’assimilation des micronutriments. Enfin, une production insuffisante d’acide chlorhydrique (hypochlorhydrie) peut favoriser l’apparition d’autres troubles sans rapport direct avec l’estomac, tel que des problèmes de peau (acné, rosacée) des carences en minéraux ou encore des maladies auto-immunes.

A savoir : 

  • le pH gastrique est particulièrement bas (et donc acide) tard dans la soirée et tôt le matin, provoquant chez certaines personnes des RGO en soirée et la nuit, la sensation d’un goût amer dans la bouche, des douleurs au niveau du sternum, ou encore un manque d’appétit le matin au lever…
  • les RGO apparaîtront le plus souvent en journée chez les personnes très actives le jour, et plutôt la nuit chez les personnes de type « couche-tard »
  • la nuit la vidange gastrique s’effectue plus lentement, la faculté de péristaltisme de l’estomac n’étant pas équivalente à celle de l’intestin : le muscle du pylore se contracte peu durant cette période, du fait de la position allongée qui entraîne le bol alimentaire dans le fundus et non dans l’antre gastrique (c’est aussi pourquoi les repas copieux et pris sur le tard sont déconseillés le soir)
  • la mélatonine, à son plus haut niveau de sécrétion, au cours du sommeil, ralentit le fonctionnement gastrique au profit du colon

En réalité beaucoup de personnes souffrent de RGO sans réellement s’en apercevoir, car il s’agit le plus souvent de mini-reflux qui ne provoquent pas de gène particulière si ce n’est un défaut d’appétit le matin ou la sensation de se sentir « barbouillée »

Le problème étant que la répétition de ces mini-reflux, surtout s’ils sont quotidiens peuvent entraîner une réaction en chaîne fort désagréable :

  • Le bol alimentaire va stagner plus longtemps dans l’estomac favorisant la prolifération des bactéries et les fermentations digestives
  • A force de stagner il risque de remonter vers le sphincter œsophagien supérieur, obligeant celui-ci, stimulé par le pH acide à se contracter et se rétracter plus souvent que nécessaire
  • Ces contractions répétées font remonter l’estomac vers le haut
  • A terme peut apparaître une hernie hiatale.

Les symptômes pouvant être associés au RGO :

  • Toux chronique inexpliquée, enrouement, sensation d’avoir quelque chose de bloqué dans la gorge (une boule)
  • Besoin fréquent de se racler la gorge 
  • Une sensation de brûlure dans la partie supérieure de la poitrine (pyrosis) augmentée en position de décubitus

Quelques conseils pour lutter contre les RGO et faciliter la digestion gastrique :

  • Eviter le soir les repas pris sur le tard et trop copieux
  • Eviter le matin la consommation d’aliments sucrés qui vont alimenter les bactéries et levures se trouvant dans l’estomac et le duodénum
  • Ne pas grignoter dans la soirée et entre les repas 
  • Observer un jeûne de 4h minimum entre les repas
  • Ne pas boire pendant les repas mais avant et après

L’estomac et les sécrétions hormonales :

La gastrine : elle est sécrétée à l’arrivée des protéines dans l’estomac, elle permet la synthèse de l’HCL et augmente la motilité gastrique. 

La cholécystokinine (CCK) : il s’agit d’une hormone peptidique, sécrétée par les cellules de la muqueuse du duodénum, qui s’active en présence, dans l’estomac d’acides gras et d’acides aminés. Elle va entraîner la contraction de la vésicule biliaire et stimuler la production des sels biliaires (permettant la dégradation et l'absorption des graisses). De plus, elle agit au niveau du cerveau en activant la satiété.

La sécrétine : est synthétisée par les cellules du duodénum, elle a la charge de la libération des bicarbonates pancréatiques et facilite la digestion des graisses. 

L’estomac agit donc pendant la digestion comme un véritable centre de stockage et de transformation des aliments qui ont commencé (normalement) à être digérés dans la bouche. Plus nous mastiquons correctement les aliments, plus son travail et la digestion seront facilités…en résumé, si vous souhaitez « chouchouter » votre estomac, pensez avant tout à bien « mâcher » !

Dans le cas de troubles gastriques, de RGO… la naturopathie peut vous aider à adopter les bons comportements et bonnes habitudes alimentaires, prenez rendez- vous sur notre plateforme !

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Valérie Lenfant

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